malaria clinique

Publié le par YEBO!

Clinique africaine pour fortunés, estampillage ISO 9001 version 2000

 

Petite intro déambulatoire façon façon…

Malaria. Bonne grosse malaria des familles. De celle qui tue près d’un million de personnes. Surtout des enfants. Un mort toutes les 30 secondes en Afrique.

Certains pays lui attribuent des croix (Afrique australe). Plus il y en a, moins c’est bon pour toi. Les symptômes sont très divers. La « froide », pas de fièvres, des céphalées fréquentes (jusqu’à la fièvre finale, et alors là faut speeder). La « chaude », évidemment, qui donne la fièvre rapidement. Quand ça atteint le cerveau, ça craint vraiment. Si c’est pas pris à temps, bingo, coma ! ça fait un bail qu’on cherche un vaccin contre cette saloperie. Sans doute que ce sera un peu plus rapide quand certaines zones du sud de l’Europe qui ont éradiqué le paludisme début du 20ème (assèchement des marécages, amélioration de l’hygiène par l’éducation…) sont en train de voir un anophèle nouveau, super blindé, revenir sur leurs côtes. Le chikungunya, cousin éloigné de cette chiennerie de paludisme, a déjà débarqué en Italie et en Suisse

 

Mais ce n’est pas mon propos (Jacques Higelin, Attentat à la pudeur, 90’s)

Le propos c’est surtout de voir les conditions considérées optimales des soins curatifs du phénomène dans un pays d’Afrique.

Malaria donc. Hospitalisation en banlieue chic de la fille puis du père (non c’est pas viral, c’est juste pas de chance). La fille a chopé la « froide » et se la trimballe depuis un mois. Donc ça craint. Le père, lui, a attrapé la chaude donc pourrait être traité par voie orale. Mais bon les relations parents enfants c’est à la vie à la mort, donc papa hop ! A l’intraveineuse. L’injection insidieuse en goutte à goutte de liquides translucides, puis jaunâtres, puis re-translucides. De l’aqueux à plus soif, accroché à une potence à roulettes qu’il te faut trimballer partout (pas de détail, mais pas de quartiers non plus). Au bout d’une journée, tu sens la chimie moite, le pied ! Bon, quand il n’y a pas d’interruption entre chaque sachet parce qu’alors la, il y a reflux sanguin et si ça dure un peu trop, paf, veine bouchée. Pour la déboucher je te dis pas… Et les petites piqûres en sus, style aspegic (arsenic ouais !) ou antibiotique (à poils laineux). Quand l’infirmier appuie un peu trop vite sur le piston, c’est comme si on te déversait une vague d’acide live. On ne va pas geindre hein, c’est pour notre bien. Juste la petite goutte d’acide lacrymal qui déborde au coin de l’œil.

 

Tu sens que tout ça suit un protocole bien huilé sur le papier, avec visite quotidienne du toubib (qui te sort le premier jour « vous n’avez pas de moustiquaire à la maison ? Les prises murales ? Je ne pense pas que cela soit efficace ! ») Et puis tu vas fumer ton clope avec ta potence, dehors (oui je sais, c’est pas malin) et la tu vois, après avoir passé la porte (grande ouverte !), un terrain vague ou le moustique de base doit s’en donner à cœur joie. Dans la piaule, clim et ventilo, certes, mais pas de moustiquaire et encore moins de prise murale – rupture de stock (et pour cause, vu ce qu’a dit le toubib !). Total, dans notre piaule (la chambre « Love », ça s’invente pas !) ou nous sommes hospitalisés pour malaria, c’est infesté de moustique (j’en ai explosé un sur le mur près de mon lit. Tout rouge. La dernière chose qui lui soit passé par la tête, c’est son cul !).

Donc protocole splendide on the paper, très brouillon à l’application.

Et c’est bien ça le drame ici. Ce n’est pas la compétence des gens, ni l’envie de bien faire, ni le sourire ou la joie de vivre qui sont en cause. C’est le suivi, l’explication, la formation sur le terrain, la gestion de calendrier, des trucs tout cons, tellement évident que tu n’y songes même pas. du management quoi ! Et pas de celui compliqué qui utilise des mots alambiqués pour noyer le poisson, du tout simple appris à l’école du bon sens, l’école buissonnière. Les mecs qui me disent « ah vous savez, avec la main d’œuvre que l’on a… », je les conchie !

Publié dans Voyages

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