A contre emploi

Publié le par YEBO!

dscf0011.jpgPourquoi le désir s’enfuit-il avec l’âge ? Cette envie de croquer de bouffer, qui n’a rien à voir avec les schémas de fidélité, qui te tombent dessus sans prévenir, quand tu repenses aux désirs passés que tu as vécu, qui se subliment crescendo puis doucement retombent dans le néant pour faire place à des fuites en arrière dans les espaces mémoires où les enfants deviennent les parents, où les personnages se croisent enfin, où les enveloppes corporelles ne cachent plus les personnes réelles que nous sommes, qui ne sont autres que nos propres ancêtres revenus ici à tout hasard, histoire d’eux.

D’où nous vient que le fruit défendu n’ait plus cette saveur amère qui rend les hommes fous ? Que cette fente dodue aux odeurs suaves et musquées ne porte plus en elle les sources du désir ? Que ces cordialités ou jeunes encore nous aimions à nous perdre, dont les rondeurs enivraient le puceau sans pudeur, ne se perdent en des instants où la fantaisie se noie dans la matière du réel. Est-ce le fait d’en avoir trop connues ? De n’y plus trouver de cette diablerie qui nous ravit quand on y vit, lorsque l’image se dérobe à nos amitiés solitaires ? Que dans nos miroirs d’appétence ne se reflètent que de la peau sans âme ?
Il faut aimer en vieillissant, sous peine de flétrir sans joie en s’aidant de viagra; ou encore de goûter au pouvoir pervers de l’argent en un grand écart sans réflexion; ou enfin de se perdre doucement dans les méandres de ses souvenirs en les contant allongé à un psy emberlificoté du cervelet.

Publié dans feuilleton

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