J'absorbe une pilule dans l'avion. Avec le café. Les effets sont les mêmes que l'opium paraît-il, mais en moins fumeux...
C'est une pilule élaborée par l'unité de recherche sur la cognition subliminale et l'apprentissage des langues.
La pilule "RU-UK" d'un côté, "FR" de l'autre, doit normalement trouver l'interface du français dans ma cervelle et y substituer la "strate" russe. Une strate d'ensemble. ça touche tout. Pas
seulement le vocabulaire mais plutôt une certaine manière de voir, d'appréhender la vie, mode ukrainienne.
C'est Pfiffer qui commercialise ces pilules. Leurs chercheurs ont trouvé les connections synaptiques permettant des emboîtements temporaires ou permanents, c'est selon.
Le seul problème connu à ce jour, c'est la possible perte de sa langue maternelle, mais de manière consciente et voulue. Comme si l'état dans lequel on se trouvait dans la nouvelle langue
(culture) était bien meilleur que le précédent. ça a d'ailleurs posé de gros problèmes de réattribution de nationalité, mais ça a aussi permis d'intensifier - ou plutôt d'harmoniser - des
dialogues entre peuples qui étaient très mal barrés au début du 21ème siècle. Ces israéliens par exemple, qui s'étaient retrouvés comme dans des chaussons après avoir pris une pilule "arable
classique - Egypte", ont largement contribué à la pacification des ex zones de colonisation.
ça y est, je sens un déluge de sensations nouvelles m'envahir. Une douche interne. C'est puissant.
Ma mémoire maternelle s'efface doucement et de nouveaux mots rocailleux se glissent dans ma gorge. Je commence à avoir du mal à enchaîner les mots sur ce carnet. Cet alphabet m'est soudain
inconnu, comme si j'écrivais maintenant par automatisme.
Mon voisin me regarde avec étonnement. Il me parle en russe. Je lui souris et lui réponds pareillement. Il me fait comprendre que mes cheveux ont blondi, ma mâchoire s'est endurcie, plus osseuse,
carrée. Mes yeux sont devenus bleus et se sont légèrement enfoncés dans leurs orbites. Merde. J'ai faim!
PECTOPAH!
Par YEBO!
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Publié dans : Voyages
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On nous serine avec la crise financière actuellement. Et on a tous l'impression d'un cheval fou qui
s'emballe sans que rien ni personne n'y puisse grand chose.
On peut pourtant regarder les choses un peu froidement, historiquement et sur du long terme. Les puristes demanderont des sources et les pinailleurs répondent toujours présents pour théoriser et
contre théoriser. N'empêche!
La constatation c'est quand même, sans faire d'anti américanisme primaire -l'ami américain c'est respectable! que la croissance des américains depuis environ... 10 15 ans disons (les plus forts
taux de croissance de l'empire) a beaucoup été "tirée" par le bâtiment et l'accès à la propriété de la classe moyenne. Je pense même que ça a été une politique volontariste qui en soit part d'un
bon sentiment (l'amélioration du niveau de vie du plus grand nombre). Le problème c'est que le système américain reconnait la faillite personnelle, et donc le droit au surendettement mal compris,
avec l'aide de banquiers dont les primes étaient (sont?) calculées sur le nombre et l'encours de crédit octroyés (avec hypothèque sur la maison, en couverture, certainement).
Le coup du château de cartes et des rachats de créances pourries (c'est pas nouveau et c'est pas demain la veille que ça s'arrêtera) est aux antipodes du système européen (les gentils parents se
portant caution solidaire de la location ou de l'achat de sa progéniture en France, ou El
Cobrador en Espagne, reconnaissable par son haut de forme, histoire de foutre la honte au mauvais payeur, sont des signes de responsabilisation maximum des
emprunteurs) . Et je ne vais pas reparler du mondialisme, on s'en tamponne le coquillard.
Mais quand même, ce que je vois, c'est que le PIB US a pris 440 milliards USD par an pendant 15 ans, et que le gouvernement injecte maintenant, royal au bar, 700 milliards pour renflouer à
posteriori ce qui a été une machine à financer la croissance avec des créances pourries. 10%. Pas cher payé... Je sais, tout ça c'est à dollar constant et tout et tout. N'empêche on voudrait
dégoûter le monde de la globalisation, on ne s'y prendrait pas autrement!
C'est pas une déclaration de guerre, c'est juste qu'il ne faut pas prendre les gens pour des cons. Et que le libéralisme ressemble quand même beaucoup au serpent qui court après sa queue pour
grandir alors qu'il est bien trop petit pour l'attraper...
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